262Peut-être les meilleurs témoignages de lambiance anticléricale ou au moins anticléricale du quartier viennent-ils de la paroisse. LÉcho de Plaisance note un milieu païen, indifférent, léglise, pauvre et délaissée, et inconnue du plus grand nombre et se fixe pour but la conversion de ce quartier si indifférent. Lanticléricalisme prend parfois des formes plus vigoureuses comme le vol répété dune petite statuette de la Vierge disposée sur le mur extérieur de la salle Jeanne dArc, rue Perceval. Longtemps les frères maristes ont été assez mal reçus. Les enfants du patronage du Rosaire auraient été régulièrement dispersés, quelquefois roués, les yeux pochés par les apaches de la région. Les chiffonniers aussi manifestèrent leur mécontentement de la présence de la chapelle du Rosaire à leur voisinage. Soulange lui-même faillit se battre, nous lavons vu, avec un jeune apprenti qui lavait insulté. Au bilan, lopinion publique est extrêmement tyrannique dans un quartier où tout le monde se connaît et où il est très mal porté de fréquenter les curés dans les années 1880 et 1890. Savez-vous ce quon dit : on prétend que notre quartier est un foyer de désordre! Cest une calomnie indigne! Notre quartier de Plaisance, je le connais bien ; je lai toujours habité! Oui il a ses brouillons comme tous les autres ; il a ses exaltés, mais il a ses hommes de calme et de sang-froid une majorité, qui ne soccupent ni de politique ni de révolution. 256Saint-Pierre de Montrouge, paroisse cossue, paraissait loin de Plaisance. Notre-Dame de Plaisance était bien de Plaisance mais son action et son passé ne lui valaient quune adhésion mitigée de la population ouvrière et miséreuse. La presse locale névoque guère la paroisse sinon pour parler des incidents comme celui qui oppose des catholiques et des anarchistes au Moulin de la Vierge. Cest à lextrémité du faubourg, non loin des fortifications, que sétablit une œuvre novatrice autour de labbé Soulange-Bodin. Elle vaut à celui-ci un écho parisien dans les milieux catholiques. Ainsi cest au Rosaire que se tient le deuxième congrès ouvrier parisien des syndicats chrétiens. Et le journal catholique et conservateur, Le XIV e, ne manque pas dinformer ses lecteurs des démarches originales du vicaire alors quil évoque très rarement la paroisse. 234 Mains courantes, r2 septembre 1896, le coupable est un employé à la préfecture de la Seine, marié 678 C A. Bourceret, art. Cité, Le XIV e, 30 janvier 1897. Aussi sur le manque de place dans lomnibus, 532 R. Huguet, La paroisse Notre-Dame du Rosaire, RH XIV, 1991. Soyez honnête, la gare Saint Lazare est tout de même plus accueillante depuis sa rénovation. Le Lucky Luciano, restaurant italien à prix abordable IM Autre option : changer de trottoir et quitter le faubourg. À cent mètres de là à peine, cache son entrée entre les numéros 61 et 63 de la rue du Faubourg-Saint-Denis. En marchant dun pas rapide, on peut passer à côté sans la voir. Randonnée effectuée sans la présence de la pluie. Place Vendôme, vieilles voitures en exposition-Au 44, maison où vécut lAbbé Grégoire 1750-1831.
23Sans doute plus que la croissance rapide de la population du quartier, phénomène constant de 1840 à 1914, ce qui semble propre à la période, cest le développement à Plaisance de vastes établissements industriels alors que le quartier était jusqualors un quartier de petites industries et dateliers. Désormais lusine prend ses aises à Plaisance. Plusieurs causes fondamentales : la première tient de lespace. En 1870, presque tout le sud de la rue dAlésia est encore en champs, nous lavons vu. Et si lhabitat sy développe, il reste de la place pour les usines, qui apprécient en outre le relief plat du quartier. Au nord même de la rue dAlésia, il reste aussi des grands terrains disponibles, car les grands propriétaires comme la famille Couesnon nont pas encore achevé la vente de leurs biens. La seconde est que le quartier, déjà largement ouvrier, offre une main-dœuvre appelée à se renforcer par la croissance urbaine ; une population aussi qui rechignera moins aux pollutions usinières. Enfin, ce mouvement est à situer dans celui, plus général, qui réoriente à la fin du xix e siècle limplantation des industries vers le quart sud-ouest de Paris et de sa banlieue. 60Le sentiment dun bâti médiocre néchappe pas à la presse locale : Qua donc fait Plaisance pour quil semble condamné à navoir jamais de maisons en pierres de taille? se désole un lecteur du XIV e arrondissement. Le Cri social dénonce la construction des maisons de rapport. La construction de ce que nous appelons maintenant Le Château ouvrier se situe à mi-chemin. Limmeuble du 69-71 rue de Vanves, construit en 1890-1891 par larchitecte Louis Gauche, est dune belle modernité avec ses six étages proposant 56 deux pièces avec cuisine et toilettes privées dans chaque appartement. Les deux petites avancées symétriques lui donnent déjà assez belle allure. Mais il sagit bien dun immeuble de rapport. Les matériaux disparates nont pas la qualité des immeubles en belles pierres de taille, les appartements nont ni salle de bains, ni même salle deau on doit se laver avec leau du robinet de la cuisine. Un habitat ouvrier privé de qualité moyenne donc. 23 Congrès ouvrier de Plaisance, Le XIV e, 8 février 1896. Available in JSTOR and the most recently published issue of a journal. 176 Entre un plombier qui serait lié à des faux-monnayeurs et un autre jeune, Le Cri social, 22 mars 1 Paris moderne, op Cit, année 1887 Cf. Aussi lentrée Saint-Joseph dans Jean Colson et Marie-Christine Lauroa éd, Dictionnaire des monuments de Paris, Paris, 1992. Au 61 rue de Vanves, le 20 octobre 1888, Le Phare du XIV e, 14 octobre 1888. 66 Soupes populaires à Plaisance, Le XIV e, 22 février 1896. 314Le sentiment que le quartier, pauvre, est aussi déshérité paraît alors la question centrale : nrco.contentDetailController.content.lastUpdateUser.fullName-nrco.contentDetailController.content.lastUpdateTime1000 date : ddMMyyyy-nrco.contentDetailController.content.lastUpdateTime1000 date : HH:mm:ss 75Il arrive aussi que lagression concerne un habitant de Plaisance qui a fréquenté certains quartiers chauds, comme ce contremaître, demeurant rue des Plantes, assailli par deux voleurs rue de Lappe. Lagression à domicile est très rare : une veuve est menacée au revolver par un faux courtier au 52 rue Vercingétorix. Plus exceptionnel encore, et attirant de ce fait lattention du Petit Parisien, cet écolier de douze ans, rencontrant rue Sainte-Eugénie trois jeunes gens M. Dit Bec-Salé, T. Dit Le Vieux et B. Qui lattirent dans leur logement, rue de Plaisance, et auraient tenté de létrangler.
Criminels précoces, Le Montrougien, 21 juillet 1889. La station Aéroport Charles de Gaulle 1 dessert les terminaux 1 et 3.
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